La une de cet hebdo est datée du 26 avril 1894. C'est sa 16ème année de parution, la création de ce journal remonte donc à 1878. A cette époque la SNCF n'existe pas, ce sont les Chemins de fer du Nord qui communiquent les horaires, tout comme le tramway de la ligne Fourmies-Wignehies, dont j'ai déjà eu l'occasion de parler ici. Nous sommes à l'approche du 1er mai, trois ans seulement après les évènements sanglants qui se sont déroulés à Fourmies et ce journal, organe de la Fédération Ouvrière, interpelle le patronat de l'industrie lainière de l'époque (voir plus bas)...

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(Document du Musée du monde du travail de Roubaix)

... C'est ainsi que l'on peut lire entre autres :

« A vous entendre, il n'y a jamais de dividendes pour vous, c'est pour ne pas nous laisser mourir de faim que vous travaillez dans vos fabriques, et cependant vous avez tous une mine florissante, vous grandissez, vous embellissez et l'on en voit parmi vous donner des 30 et 40 pour cent et plus à vos commanditaires et vos associés.  Eh ! bien, si vous nous aimez autant que vous le dites, il faut le prouver, ramener à 10 ou 15 pour cent vos bénéfices, c'est bien assez en relevant le tarif de nos salaires. Si vous ne faites pas cela, patrons catholiques, si vous ne faites pas cela, patrons républicains, pourquoi donc nous emprisonner à la ligue, nous amadouer au patronage. Est-ce pour nous priver de notre liberté, pour nous endormir avec des fariboles prétendument républicaines, avec des homélies évangéliques. Parlons d'un tarif nouveau chers patrons, ou sinon, nous crierons : "FARCEURS". Tous vous êtes bonnets blancs et blancs bonnets ». 

«Prenez exemple sur les verriers. Ils ont adopté une organisation syndicale conforme à la thèse du Courrier de Fourmies. Leurs cotisations sont intégralement mises en sécurité à la Caisse d'Epargne. Ils respectent leurs patrons et ils sont respectés».