Afin de compléter mon article du 18 octobre 2014 qui concerne la libération de TRELON-GLAGEON le 2 septembre 1944, j'ai pensé utile d'ajouter le document-photo qui suit ainsi que divers témoignages :

TRELON 2 SEPT 1944 (2)

Il nous montre un char allemand du type "Tigre" immobilisé et en feu dans la rue Clémenceau à hauteur du menuisier Joiris (aujourd'hui Pozzobon), voir photo contemporaine ci-dessous :

TRELON-Rue Clémenceau

Nous sommes le 2 septembre 1944 et selon M. Decrouez c'est un peu la confusion car on ne sait pas très bien si les allemands sont encore là ? En tout cas il reste bel et bien un char allemand rue Clémenceau (le dernier), il est en position d'attaque et tire en direction d'un char américain qui riposte immédiatement. Le char allemand a une chenille sectionnée et, tandis que ses occupants s'enfuient, M. René Décrouez (père) lance une grenade à l'intérieur de la tourelle du char comme pour l'achever. Les quelques jours qui ont précédé la libération ont été des jours de fête, mais aussi des jours au cours desquels on a réglé les comptes. Les troupes américaines étaient à peine entrées dans la commune que déjà un résistant se mettait à la recherche d'un Trélonnais ayant eu des accointances avec l'envahisseur ! Il n'aura pas de mal à la retrouver et à lui administrer une douloureuse raclée. Le collaborateur décédera quelques jours plus tard. Peu après, c'est Abel Letoret, garde-champêtre de son état, qui, du haut du balcon de la mairie, donnera la liste des collaborateurs !

Au final, c'est à 18h30 que Trélon sera définitivement libéré

 

 

Henri Marais 1942

Le Lieutenant Henri Marais est officier des Forces Françaises de l'Intérieur et commandant du secteur de Trélon. Il indique que les derniers jours de 1944 sont caractérisés par l'intensification des opérations de harcèlement sur les moyens de communication férroviaires et routiers. C'est ainsi que des actions nocturnes sur les routes Nationales Avesnes/Trélon - Chimay/Trélon - Trélon/Liessies et Fourmies/Anor, en utilisjant des crève-pneus et des charges de plastic qui occasionnent la destruction de 6 camions de troupes et de 4 camions de matériel. Des voitures de liaison et des side-cars sont également atteints. A l'aube du 2 septembre, il est prévisible que les troupes alliées arriveront dans la journée. Je suis avec mes hommes,dans la forêt de Trélon, très exactement à la carrière du Château Gaillard où il est procédé à la distribution de ce quil reste d'armes individuelles. Des équipes spécialisées dans l'attaque des chars rejoignent les postes qui leur ont été assignés. Nos agents de liaison me signalent l'arrivée des Américains à Fourmies dès 9h30. En collaboration avec les résistants, la ville est "nettoyée" à 14h30. Mais dès 13 h des chars américains arrivent à "La Carnaille" et se trouvent sous le feu de 2 tanks allemands. Des volontaires du Groupement peuvent donner la position exacte aux alliés qui en détruiront un, l'autre battant en retraite.

«C'est le plus beau jour de notre vie»

A 16 h, les Américains traversent Ohain et arrivent à Trélon vers 18 h. C'est la liesse ! Les civils remontent des caves qui les abritaient. Je fais moi-même la liaison avec un capitaine de l'armée française (Pinon) à qui je communique tous les renseignements concernant la région, je lui remets également un puilote de forteresse volante qui était abrité depuis 6 semaines dans notre maquis et qui s'impatientait d'être inactif. Tout ce monde et d'autres dont je n'ai plus le souvenir passent la soirée à la maison. «C'est le plus beau jour de notre vie à tous».

Ci-contre une des rares photos d'Henri Marais en 1942. Il est alors président du tout nouveau club de football Trélonnais). Il passera sa carrière professionnelle à Trélon comme Ingénieur des Ponts et Chaussées jusqu'à sa retraite qu'il passera également à Trélon.

 

(Remerciements à Serge Trotin pour son active participation)

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