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Chacun sait ici combien je me suis impliqué depuis 2014 dans la commémoration du centenaire de cette terrible guerre dans mon blog, grâce à la publication de nombreux documents, photos, cartes-postales, récits..., notamment sur l'occupation allemande de l'Avesnois durant ce conflit (voir diaporama en tête de mon blog). Aujourd'hui, à l'occasion de ce 11 novembre 2017, je souhaite terminer ce sujet en mettant en avant un membre de ma famille : Achille Divry dont le destin fut de mourir à l'âge de 21 ans à La Hérie La Vieville (Aisne) dans les premiers combats de la Bataille des frontières qui fera 84500 victimes en Août 1914. Achille Divry faisait partie du glorieux 43ème RI basé à Lille. 

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 DIVRY Achille 001

Sur l'imprimé d'attribution de la médaille militaire on peut lire :

"Clairon très brave, tombé glorieusement à l'attaque du 29 août 1914, après avoir sonné la charge avec une belle crânerie sous le feu de l'ennemi."

Outre cette médaille et ce diplôme, ses parents, domiciliés à Ohain, récupéreront également la plaque d'identité en aluminium que chaque militaire portait obligatoirement sur lui. Celle-ci indiquait obligatoirement le numéro de matricule attribué par le Centre de recrutement (Avesnes sur Helpe) ainsi que l'année (ici 1913). 

Achille Divry

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Achille Divry 001

En février 1914 il enverra cette carte postale chez ses parents à Ohain. 

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Dans l'historique du 43e RI ci-dessus, le nom d'Achille Divry figure dans la longue liste des morts au champ d'honneur. 

Extrait :

" Ce fut le baptême du feu. Tapies derrière les haies et clôtures ou abrités dans les maisons, les compagnies déployées en tirailleurs brisent à ce premier contact l'élan de l'infanterie adverse qui, appuyée par par une puissante artillerie, tente vainement, à partir de 11h. 30, de déboucher de ses couverts. Les fusils sont prêts et nul n'ignore son devoir. Pendant près de trois heures, les vagues allemandes sans cesse renouvelées viennent avec une énergie et un entêtement farouches, se briser tour à tour contre nos lignes. A 15 heures, le 43e reçoit l'ordre d'évacuer la position par échelons successifs. Son mouvement s'exécute en bon ordre.

Et c'est alors la retraite qui commence, le recul devant les flots ennemis ! Pénibles instants, au souvenir cruel : Jamais pareille éventualité n'avait effleuré les esprits, rigoureuse, témoignant du bon esprit de tous. A la stupeur qui étreignit d'abord la troupe, succéda un regain d'énergie, un nouvel entrain à surmonter l'adversité, la mauvaise fortune s'acharnant sur le pays.

Le régiment supporta vaillamment cette épreuve pénible et livra, au cours de son mouvement, des combats coûteux à l'ennemi : Le 25 août à Marienbourg, les 29 et 30 à La Hérie-La-Viéville. C'est ainsi que tout en combattant et en sacrifiant à la marche la plus grande part des nuits, le 43e abandonna successivement à l'ennemi les vallées de l'Aisne, de la Vesle et de la Marne. Cette dernière est franchie le 3 septembre et le mouvement de repli vers le sud s'accentue... Devant un ennemi que les succès enivrent, notre recul se poursuit : Chacun se demande angoissé où s'arrêtera cette marche fatale."

NDLR : Il faut savoir que l'engagement héroïque du 43e RI dans les premiers combats n'est pas le fait du hasard. En effet, l'état-major avait  pensé qu'il était utile d'engager un maximum de soldats issus de la région. En effet, ces derniers combattront l'ennemi avec une volonté farouche en pensant à leurs familles qui se trouvaient alors derrière les lignes ennemies. Enfin cette bataille des frontières incitera le général Von Kluck à modifier la trajectoire de son armée vers l'est et permettre ainsi d'établir un des éléments majeurs du succès de la première bataille de la Marne.

Ultime regrêt, le corps d'Achille, comme beaucoup d'autres, ne sera jamais inhumé, mais, ultime reconnaissance de la Nation, son nom est gravé dans le marbre en lettres d'or sur le monument aux morts d'Ohain, son village natal. 

 

Achille DIVRY