Groupe d'enfants en 1913

Chacun sait ici au fil de ces pages, combien je m'intéresse à l'histoire locale de notre région, à l'aide de documents et photos qui s'y rattachent, de la fin du XIXe jusqu'à la fin du XXe siècle. Aujourd'hui , une fois n'est pas coutume, je vous propose des documents étrangers à notre région, car ceux-ci nous renseignent sur ce que pouvait-être la vie des enfants des villes, issus d'une classe sociale défavorisée, notamment en matière d'habitat insalubre, d'hygiène et de malnutrition. Naturellement, la délinquance  se développant, la seule réplique des autorités de cette époque fut la punition et même l'emprisonnement. En effet , des prisons pour enfants furent créées et dans lesquelles des enfants de 14 ans étaient particulièrement mal traités. (voir lien ci-dessous) 

 Le 28 février 1884, Félix Platel dénonce à nouveau violemment ce sinistre lieu :  

« La Petite-Roquette, c'est la maison cruelle !

C'est là que, nuit et jour, l'État,de connivence avec la Loi, commet des crimes contre l'enfance. [...]

Je signale au visiteur l'air hébété des enfants et leur œil morne, sec, cerné de noir… Un adulte deviendrait fou après trois mois de cet isolement cellulaire.

Je ne sais pas de spectacle plus navrant que l'enfant faisant tout seul rouler en rond son cerceau dans le préau, sorte de puits. C'est l'unique récréation du petit être. »

La Petite Roquette, ou la terrible " prison des gosses " de Paris

Au XIXe siècle, la prison de la Petite Roquette, située en plein cœur de Paris, est l'une des prisons pour enfants les plus redoutées de France. Nombreuses sont les voix qui s'élèvent pour dénoncer le cruel traitement qui leur est infligé.

https://www.retronews.fr

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La Prison de la Petite Roquette et le Cimetière du Père-Lachaise en 1850 - source : Delcampe-WikiCommons

L'écrivain Jean Genet y fut brièvement incarcéré en 1925 à l'âge de 15 ans. Il évoque cette période de sa vie dans son autobiographie romancée, Miracle de la rose.
 
Les mineurs délinquants y demeureront jusqu’en 1930. La Petite Roquette deviendra ensuite une prison pour femmes. L’État décidera de sa démolition en 1973.

Un square y est aménagé et inauguré en 1975 ; il porte toujours le nom de « Square de la Roquette ». 

 

NDLR : Merci à l'excellent site "Rétronews" qui a publié dernièrement ce reportage consacré à cette prison .