31 octobre 2012

OHAIN - La Grand-Place

OHAIN-La Place

Les cpa sur Ohain sont rares et celle-ci vers les années 20 ne fait pas exception. Comme souvent pour les cartes postales de ce village frontalier, l'éditeur et le photographe sont Belges. Il faut noter qu'il existe également en Belgique la localité d'Ohain, village qui fait aujourd'hui partie de la commune de Lasne dans la province du Brabant wallon.

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LIESSIES - Vue aérienne

La Gare et l'Hôtel des 3 étangs

Cette belle carte postale "Lapie" des années 50 est plutôt rare. Elle nous montre au premier plan un terrain de camping, au fond à gauche la Gare de Liessies avec en face l'Hôtel des 3 étangs.

Lien connexe : Cliquer ICI

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30 octobre 2012

GLAGEON - La Rue de l'Eglise

GLAGEON-Rue de l'église

Ci-dessus une cpa du début du siècle passé. C'est aujourd'hui la Rue Charles Desquilbet. A gauche la "Ferme Burelle". Au fond le château des Tourelles.

GLAGEON-Rue de l'Egklise

Un siècle plus tard... Peu de changements sur cette photo au même endroit. Les bâtiments de la ferme sont toujours présents. A droite les immeubles ont été remaniés, au fond la cheminée d'usine a disparu.

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29 octobre 2012

AVESNOIS - Patrimoine et Mémoire Collective

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Le catalogue ci-dessus fut édité en 1982 à l'occasion d'une exposition intitulée "Patrimoine et mémoire collective en Avesnois" réalisée à partir des travaux d'un groupe de travail institué par l'Office culturel régional. Après l'urgence qu'il y avait à sauvegarder et mettre en valeur le patrimoine industriel, on commencera à procéder au regroupement de multiples mémoires individuelles  pour arriver dans un premier temps à la construction d'une mémoire collective sur l'industrie du textile et la vie sociale... (Ecomusée de Fourmies). Un peu plus tard d'autres domaines seront explorés tels les verreries et poteries, la boissellerie, le marbre, la vie rurale... et plus proche de nous : la pierre à Wallers en Fagne et le fer à Féron.

EPPE-SAUVAGE-Auguste-Hanon

Le terme «mémoire collective» a été utilisé pour la première fois par le sociologue français Maurice Halbwachs (1877-1945) par opposition à la notion de «mémoire individuelle». C'est une théorie scientifique qui dit qu’on ne se souvient jamais seul. Cela veut dire que notre mémoire et nos souvenirs sont en partie structurés par la société. Il y a donc une mémoire collective et une multiplicité de mémoires individuelles. La mémoire collective est partagée, transmise et aussi construite par un groupe, un peuple, une nation, un pays.

Dans notre région, il faudra attendre la fin  des années 60 pour voir se développer le concept de mémoire collective via de nombreuses publications, expositions et initiatives menées à l'échelon local : "Année des traditions vivantes",  "Vivez notre région" ... Mais le pionnier est sans conteste le Cercle Sarséen à  Sars- Poteries, qui, sous l'impulsion de Louis Mériaux, organisera une exposition de bousillés dès 1967 pour aboutir ensuite à la création du Musée du verre en 1969. En 1972 est créée l'association des "Amis des sanctuaires et chapelles de l'Avesnois" présidée par Maître Jean Mossay, historien régional reconnu pour sa haute compétence. Cette association s'est fixée pour objectif la restauration de la chapelle de l'Epine (Hameau de Solre le Château). En 1973 et 1974, afin de financer les travaux, elle réalise des expositions d’œuvres d'art : "Trésors de l'Avesnois" puis en 1975 " Nativité en Avesnois " qui présente des toiles de grands peintres. En 1977 elle financera également la renaissance de la chapelle du Mont de Baives grâce à d'autres manifestations.

 

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Peu de temps avant, quelques volontaires et  principalement Jean Mossay, Louis Mériaux et le photographe Michalik, ont imaginé d'utiliser les albums de Croÿ pour illustrer le passé de l'Avesnois. En dépit du dispersement de ces albums originaux tant en France qu'à l'étranger, les amis des sanctuaires et des chapelles, et grâce à des nouveaux procédés photographiques, réussirent à "géantifier" des ektachromes obtenus à partir des gouaches et aquarelles originales qui avaient vécu dans l'ombre des bibliothèques durant près de 300 ans ! Ce qui était alors réservé à une élite restreinte de collectionneurs et d'érudits devint publique. Ceci permis d'aboutir aux prestigieuses expositions de 1977 (fonds Croÿ provenant de Vienne) et de 1978 (fonds de Dülmen) où l'on vint de partout pour s'extasier devant des panneaux géants qui restituaient fidèlement les gouaches et aquarelles d'Adrien de Montigny. En 1975 se crée à Felleries l'association "Les Amis des Bois Jolis" qui a pour projet de faire renaître l'activité de boissellerie, en  1976 c'est l'association "Les Amis du Val-Joly-Liessies-Ramousies" qui apparait en ayant pour but de sauvegarder le patrimoine religieux.

 

Mémoire collective

"Le patrimoine c'est le bien propre, la propriété transmise par les ancêtres. Dire le patrimoine de l'Avesnois, de la région, de la nation, de l'humanité, c'est considérer des biens et valeurs hérités, et qui appartiennent, au moins par l'esprit, à ces collectivités. Ainsi tel château du 17e siècle, avec son architecture typique et avec les évènements qui le situent dans l'histoire, peut très bien être la propriété (devant notaire) d'un vicomte, d'une princesse, d'un mandataire des Halles, il n'en fait pas moins partie de notre patrimoine, il est à nous par le cœur et la mémoire... La mémoire collective est donc un courant de pensée et d'action qui retient du passé ce qui est encore vivant ou capable de vivre dans la conscience d'un groupe donné, qui entretient cette mémoire et l'illustre...

On peut alléguer contre nous,que nous ne faisons que construire des musées de la récession. C'est vrai que les outils ne produisant plus sont disponibles pour le musée. Et alors ? Si, en dépit et à l'occasion de cette récession nous contribuons à instruire, n'aurons nous pas fait œuvre utile ? Les mêmes animateurs que nous connaissons, travaillent avec cœur en faveur des reconversions économiques à l'ordre du jour. Ils savent se déprendre du côté bucolique de la mémoire collective pour dire en même temps ce que l'Avesnois fut et ce qu'il veut être... En décrivant l'existence de nos prédécesseurs, nous ne tombons pas dans le travers passéiste. Nous savons, en rationalistes, que "le modèle" est devant nous, qu'il est à faire, défaire et refaire constamment, et, refusant l'élitisme par expérience, nous voulons associer à l'oeuvre tout le peuple qui se souvient et espère."

" Peut-être parce qu'on l'avait trop longtemps négligé, l'Avesnois s'est interrogé, s'est cherché. Il a vêtu de poésie sa bataille pour l'existence. Maintenant il s'aime. Et, sans le vouloir vraiment, ou bien en le désirant discrètement, il se montre."

(André Pierrard 1916-1997)

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Aujourd'hui, grâce aux outils informatiques et Internet, via les blogs et autres réseaux sociaux, chacun d'entre nous a la possibilité de s'exprimer  sur le passé, le présent et l'avenir. En ce qui me concerne, mon âge aidant et mon vécu  m'ont permis d'orienter ce blog sur le passé proche* de notre région où mes parents et grands parents ont vécu et travaillé. Je partage et je transmets donc ainsi ma mémoire individuelle mais aussi celle des visiteurs grâce à leurs mails, commentaires, témoignages personnels, envois de photos et documents... Le blog (accessible par tous) s'est en quelque sorte identifié à un groupe, ce qui permet de le légitimer en matière de mémoire collective, et sans doute aussi bien que n'importe qu'elle autre publication.

*La mémoire collective concerne un passé récent et dure une vie, voire un siècle. Au delà, ce sont les historiens qui prennent en charge un passé plus lointain.

 A lire :

http://classiques.uqac.ca/classiques/Halbwachs_maurice/memoire_collective/memoire_collective.pdf

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27 octobre 2012

FOURMIES - Rue Thiers

Voici quelques aspects de cette rue aujourd'hui baptisée rue Marcel Ulrici.

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Ici on découvre les réverbères à gaz et la ligne de tramway électrifiée* ouverte en 1884 et qui sera fermée en 1903

FOURMIES-Rue Thiers

La ligne de tramway a disparu, les premiers poteaux électriques en bois font leur apparition. Ils sont souvent difformes car posés à la hâte

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Ici on découvre les premières automobiles. Nous sommes au début des années vingt.


* Paradoxalement, la ligne de tramway Fourmisienne sera créée et électrifiée avant la ville. Ce n'est que plus tard que  les compagnies d’électricité s’implanteront alors dans les grandes villes. Elles y construiront des centrales électriques et de petits réseaux locaux. À cette époque, chacune utilise des fréquences et des niveaux de tension variables, sans se préoccuper de l’interconnexion des réseaux. Seules 7 000 communes seront électrifiées en 1919 et plus de 36 500 en 1938.
A Fourmies comme dans tout le département c'est une compagnie privée qui distribuera l'électricité : L'EGN (Electricité et Gaz du Nord) :

 

EGN

Créée par la Société des Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l'Est (Empain). Centrales thermiques à Lomme, Jeumont et Maubeuge, usines à gaz à Hautmont, Bavay et Le Quesnoy. Rachat de Gaz et Electricité du Hainaut en 1911, absorption de la Société d'Electricité de Lille en 1931. Participations dans la Société d'Electricité de la Région de Valenciennes-Anzin, la Société d'Etudes et de Recherches Pétrolifères, la Société de Recherches d'Hydrocarbures, la Société de Transport d'Energie Electrique de la Région du Nord. EGN sera nationalisée en 1946 et intégrée à Electricité de France.

 


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AVESNES SUR HELPE - La Place d'Armes ***

AVESNES-La Grand'Place

J'ai déjà édité la même cpa mais dans une version N&B, la voici aujourd'hui dans une version colorisée très réussie. Une fois encore on peut penser que l'éditeur a repris le cliché initial qui datait des environs de 1905 et l'a réédité dans les années vingt dans une version colorisée, ce qui était devenu réalisable à cette époque.

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ANOR - Les Bords de l'Oise

ANOR-Les bords de l'Oise

Cette cpa (rare) nous montre l'oise naissante qui vient de Belgique. C'est la seule commune du Nord qui est traversée par cette rivière qui se dirigera ensuite vers le département de l'Aisne.

Note d'un visiteur : Je me demande s'il ne s'agit pas plutôt du ruisseau des Anorelles qui traverse l'agglomération d'Anor, alors que l'Oise ne fait que longer le sud du territoire de la commune à sa frontière avec le département de l'Aisne via les étangs de la Lobiette, de la Neuve Forge et du Maka. Compte tenu de la proximité et de l'orientation de l'église, je pense que la photo aurait pu être prise à partir du pont de la rue Fostier Bayard.

NDLR : Les titres sur les cartes postales n'augurent nullement d'une quelconque certitude. Les erreurs ou omissions sont de la responsabilité de l'éditeur.

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26 octobre 2012

TRELON - La Grand-Place

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J'aime beaucoup cette cpa des années 50 et la Place de l'église avec ses bancs publics en béton que j'ai connus. Ceux-ci, implantés  en bordure de route se révéleront très vite dangereux au regard de la circulation automobile et gênants pour l'accès au marché hebdomadaire du lundi ainsi qu'aux fêtes foraines.

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25 octobre 2012

L'Avesnois sous l'occupation allemande

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J'ai publié nombre de documents relatifs à cette occupation, particulièrement sur Avesnes, mais les récits  sont rares. C'est pourquoi je vous propose aujourd'hui des extraits de  "La gazette des Ardennes". C'était un journal de propagande allemand  en zone occupée et dans les camps de prisonniers (France, Belgique). De nombreuses listes de prisonniers et de blessés rapatriés y étaient diffusées. Le siège se situait à Charleville.

Les contrebandiers d'Ohain, Glageon et son cirage, Glageon-Couplevoie et son champion de tir, un médecin rarissime à Trélon ... autant d'anecdotes sur notre région durant l'occupation allemande ...

AUTOUR DE TRELON (Nord).

"Une course, si rapide fût-elle, à travers la zone industrielle comprise entre l'Avesnois, la Thiérache et la frontière serait incomplète sans une visite à Trélon, chef-lieu du canton, étape obligée entre Fourmies et la Belgique. Ici encore, nous sommes dans la zone purement industrielle, tirant en temps de paix un appréciable revenu de ses filatures, tissages, verreries. Tout cela à l'heure actuelle est mort et rien ne saurait donner la précise image de l'engourdissement de cette contrée. Le calme s'accentue par le fait que nous entrons dans la zone des grands bois et des forêts qui s'épanouissent au coeur d e la Belgique et se ramifient jusqu'à la Sambre, jusqu'à la Meuse par de sombres coulées de sapinières. Couplevoie qui, en regard de certaines autres régions françaises, mériterait une mairie n'a pas d'histoire. Ses habitants cependant nous font remarquer avec orgueil que cette demi-commune a donné le jour au commandant Moreau, champion de tir au revolver et au canon.

Mais voici Glageon, centre industriel comportant filatures, tissages, peignages, carrières, soieries et une certaine fabrique de cirage qui a connu, durant la guerre, une gloire incontestée. C'est elle qui nous a donné  " Le Rêve "  en boîtes couleur d'espérance, le seul produit qu'aient utilisés des milliers de souliers d'occupés. "Le Rêve" mérite sa place au livre d'or de l'occupation ! (Réclame non payée). Pour en revenir à des choses d'une importance plus générale, disons que la physionomie du terroir de Glageon apparaîtra facilement quand nous aurons dit que tout ce qui n'est pas l'agglomération comprise entre l'Helpe et le Rieux minuscule est bois et pâtures. L'histoire de guerre de Glageon tient en peu de mots : il ne s'est rien passé; ce centre n'ayant de viabilité qu'horizontalement, si on peut ainsi dire. L'exode y fut relativement peu important. Sur 2847 habitants composant en paix, Couplevoie compris, le chiffre de la population, 2710 sont restés à leurs foyers ou l'ont retrouvé après quelques jours d'errances. Hâtons-nous d'ajouter que ce recensement de guerre comprend la totalité d'évacués. Cependant l'exode n'a guère dû dépasser 10 %. De même que Trélon, sa soeur jumelle, la commune de Glageon a connu bien des heures rouges. En 1543, les troupes de François Ier, commandées par Bonneval, tombent sur le château-fort, le brûlent, pillent la contrée et la laissent huit ans aux mains des pires aventuriers. Henri II reprend l'ouvrage fortifié et le nettoie d'une façon radicale : en ne laissant âme qui vive de ses occupants. L'année suivante, revanche des franches compagnies qui s'emparent du château et n'en laissent plus une pierre. A peine est-il réédifié que Turenne en marche l'enlève en 1637, le reprend d'assaut en 1665 et le rase. Le malheureux château, moins heureux que Phoenix n'a jamais pu renaître de ses cendres, au point qu'aucun des Glageonnais n'a pu m'en indiquer même l'emplacement approximatif. L'église de la commune n'est pas une suffisante compensation. Elle est massive et sans style. Je la suppose du début du XVIII* siècle, mais avec des retouches, des altérations et des agrandissements ultérieurs.

 

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Nous voici à Trélon avec lequel, par mesure de faveur, les gens de Glageon peuvent communiquer librement tous les dimanches. Le chef-lieu de canton a une autre allure et possède de remarquables vestiges de l'art ancien : le château des Carmes converti en musée et surtout le château de Mérode, cet édifice dont une des façades est prise sur une partie du mur d'enceinte de l'ancien château-fort, est, quant au style, difficile à classer. L'allure générale rappelle les constructions du grand siècle et quelques uns des châteaux des bords de la Loire, mais avec un avant-goût de la Régence et, par la multiplicité de ses pans, l'art flamand de la fin du XVIIIe siècle. Il se complète au Nord d'une admirable forêt. Malheureusement sa façade principale et sa cour d'entrée sont étranglées par le village qui l'enserre. Ce magnifique château mériterait plus d'air et de mise en valeur. D'autant que tout ce coin a une histoire mouvementée, semblable en tous points à celle de Glageon. Le château-fort pris en 1478 par Louis XI, repris par les aventuriers, puis par Bonneval en 1043, recouvré par les « Compagnies », tombé aux mains d'Henri II en 1552, reconquis par les pillards fut finalement rasé en 1554 par le Connétable de Montmorency...  Réédifié, il fut conquis par Turenne en 1637, puis par les Allemands en 1651, démoli pour toujours à la fin de ce siècle si mouvementé pour les Trélonnais. L'invasion de 1914 ne leur a pas donné pareilles émotions. La ville fut occupée sans coup férir. Cependant l'exode se révèle important. Sur 3889 habitants au recensement de 1911, Trélon n'en comptait plus au milieu de 1915 que 2892, ce qui donnerait une moyenne de 26 % d'absents (mobilisation comprise). La visite du bourg n'offre rien de particulièrement passionnant. L'église, de la fin du XVIe siècle, est d'une belle venue. Au coin d'une petite place, un libraire de guerre débite placidement des journaux et des cartes postales; au milieu d'immeubles assoupis, des cheminées d'usine; là un étang semé de mousses verdâtres (voir photo ci-dessus) ; un rustique lavoir où quelques ménagères tordent leur linge. On se croirait à cent lieues du cataclysme... Soudain des cris, du bruit, de la vie : c'est une volée de gossses qui sort de la Maternelle et traverse la place en jouant. Le maire de Trélon, à côté de son patronyme : M. Falleur, joint un petit nom charmant et m'a-t-on dit très bien porté : Aimable. Ce gros bourg compte un spécimen devenu rarissime dans la faune française : un médecin! C'est, je crois, le ssul et unique praticien resté dans le pays entre Avesnes, Hirson, La Chapelle et la Belgique ! C'est dire qu'il est disputé. A dix kilomètres à la ronde, on parle du médecin. Il n'est même plus utile de dire : le le docteur Moret. Tel est en effet le nom de ce praticien dont on loue d'ailleurs le dévouement et la science.

 

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En quelques minutes nous voici hors de Trélon et bientôt un panneau de bois nous apprend qne nous sommes sur le terroir d'Ohain. A cet endroit, nous sommes si près de la frontière belge que nous pourrions l'atteindre en quelques minutes et que nous voyons s'étaler le panorama de Momignies. Tableau coquet, fait d'un moutonnement de toits d'où émergent une église et le vaste édifice qu'est le pensionnat congréganiste devenu si florissant après la loi française de séparation. Nous atteignons Ohain sans fatigue. Encore le même calme que rompt seulement les allées et venues de quelques soldats  au repos. Quelques fidèles sortent d'une très moderne église; des fermières vont à la laiterie allemande porter quelques "cannes de lait". Si Ohain est un village de minime importance quant au nombre, ses ressources industrielles sont nombreuses. Il compte filatures (voir photo ci-dessus), carrières, brasseries. Il tira sa célébrité du croisement des routes d'Anor et des chemins qui mènent... en Belgique. Tout ce qui touche à la contrebande connaît Ohain, quartier général de la fraude, avec Momignies comme magasin central*. Cette industrie traverse actuellement une crise lamentable. On peut dire que les contrebandiers meurent faute de marchandises. En paix, le recensement de 1911 attribue à Ohain 1343 citoyens. L'autorité allemande, avec la précision qui la caractérise, eu a recensé 1010. Il y aurait donc eu un exode de 25 % indigènes, y compris les mobilisés. Ceux qui sont restés se groupent autour de l'écharpe tricolore de M. le bourgestre Bertrand. D'Ohain on gagne Fourmies par une route pittoresque et qui doit être charmante en été : étoupes ombragées, boqueteaux, étangs bordés de bouleaux élancés, rien n'y manque... Et l'on accède au bout de l'interminable rue du Fourneau, près des abattoirs fourmisiens."  (à suivre)

 (*) La Belgique alors que sa neutralité a été violée, jouit d'un statut particulier. Ceci explique que durant l'occupation on y trouvera un ravitaillement plus substentiel que chez nous. On manque de tout ou presque. Tout est rationné : la viande, le pain, le charbon... Même, les vélos sont réquisitionnés. L'hiver 1916-1917 se révèle particulièrement dur. Il fait - 20° en mars. L'hiver suivant, moins rigoureux, est d'autant plus rude que tout manque, y compris les chaussures.

 

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D'AVESNES A HIRSON

Si la route d'Avesnes à Fourmies conserve des traces nombreuses de l'invasion et des frictions entre notre arrière-garde et les éclaireurs ennemis, tonte la campagne environnante semblerait en paix. Seuls la présence de garde-voies et patrouilleurs allemands que nous croisons en chemin nous rappellent que nous sommes en pays occupé. Des hauteurs de Floyon nous dominons la pente douce des pâture; haies noires comme des traits durs sur la verdure uniforme, Depuis le Rainsart, passant par Etroeungt nous avons croisé des troupeaux au pacage. Ce sont des pensionnaires arrivés d'Allemagne, m'explique-t-on , et dont le gîte et le couvert sont payés huit sous par jour. Les fermiers viennent de terminer la « saison » » de beurre et leurs sourires ont l'éloquence des aveux satisfaits. Ce cadeau des Dieux s'est maintenu, à la ferme, aux environs de 2 francs la livre, de mai à la fin septembre. La réquisition livrée, les fermiers ont pu fournir à beaux deniers boutiques françaises et casinos allemands. D'Etroeungt, nous pouvions gagner directement Wignehies, mais le chemin dos écoliers nous conduit à Féron.

Là, commence le territoire de Ia Commandanture de Fourmies (voir photo ci-dessus) et là aussi nous sommes à la lisière du royaume de la laine et du verre.  Féron, cependant, n'est pas encore une agglomération industrielle. C'est un minuscule village, vivant par lui-même, demandant peu au voisinage. 666 âmes nous dit le recensement, mettons à l'heure actuelle 400 citoyens administrés par M. Achille Evrard. En cet après-midi brumeux, le village qu'on devinait la veille d'un calme virgilien est en rumeur : il attend pour le soir, le lendemain au plus tard, 200 évacués de la ligne de feu. On aménage des locaux vides; on rassemble les ferblanteries les plus disparates. On n'est pas riche, mais il faut dignement recevoir ces malheureux. Près d'une miniature de kiosque à musique haut perché sur un pivot, des soldats allemands engrangent des foins en sifflotant... Vue de là, l'église s'affirme ancienne et d'une charmante rusticité, trouvaille rare dans cette contrée issue de la grande poussée moderne. Déception. Il ne reste de l'édifice original qu'un avant-corps quadrangulaire portant, griffée dans sa maçonnerie épaisse, une date : 1614. Le reste est de récente réfection et le mobilier entier de l'église sort en droite ligne de la chromographie contemporaine de Saint-Sulpice. Un petit détail amusant, presque symbolique :" Une rutilante statue représente saint Eloi, Or, l'aimable patron de la Forge et de la Métallurgie porte sur la poitrine et sur le gant épiscopal, relevée d'or et bien eu vue : ... la Croix de Fer. Un cimetière- vieillot, une roue de scierie aujourd'hui muette, adaptée sur la vanne d'un étang jonché de feuilles rouillées; un lot de poules, dernier « carré » du village sans doute; un charmant nom glane au passage : Rue Heureuse et nous avons fait le tour de Féron.

 

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Wignehies est une suffisante compensation. Voilà bien la cite-type de la région du Nord. C'est un village, mais un village de 4162 âmes, c'est-à-dire numériquement deux fois et industriellement dix fois plus important que tel chef-lieu d'arrondissement de la région alpine. Wignehies est le complément direct de Fourmies, un faubourg éloigné qui continue sans transition l'économie industrielle de la ville : tissage, filaturcs, brasseries. Sa position l'avantage à un autre point de vue. Surtout pendant cette guerre, Wignehies est une étape obligée des produits d'élevage. Les beurres et fromages de Rocquigny, de Tatimont et de Clairefontaine y sont rassemblés, entreposés avant de s'acheminer vers Fourmies. À l'heure actuelle, on ne peut avoir qu'une image incolore et réduite du Wignehies de la paix. Les tissages sont fermés; muettes les filatures ; closes aussi les brasseries, beaucoup d'hommes sont appelés au travail hors du pays et le reste des citoyens se perd dans des groupes d’immeubles semés un peu partout, sans autre agglomération sérieuse qu'au voisinage de l'église. Wignehies n'enregistrera guère dans ses annales dramatiques que la journee du 26 août où l'artillerie allemande repérant les colonnes d'arrière-garde francaise envoie quelques obus. L'un d’e u x frappe le cadran de l'église sur le coup de neuf heures. Un autre enflamme l'immeuble dit « Fondation Fontaine-Carlier » sans faire d'autre victime qu'un fantassin français…(voir photo ci-dessus) C'est à ces heures troubles qu'il faut placer l'exode des gens du village dont beaucoup revinrent au bercail et qui forment un ensemble de plus de trois mille, avec M. Wiart comme pasteur municipal. Par le fait de la dualité de sa vie économique, Wignehies a relativement moins souffert que Fourmies et se relèvera plus facilement et plus vite. Cette aimable bourgade n’a cependant qu'un avenir limité, lié au sort même de Fourmies et dépourvue qu'elle est de moyens de communications rapides. Quelques centaines de mètres à peine séparent les écarts de Wignehies du centre urbain de Fourmies. Nous ne parlerons pas aujourd'hui de cette ville qui a fait l'objet d'une courte monographie de guerre, parue à cette place. Nous contournons la ville, prenant la voie directe qui conduit à Hirson. Le pittoresque étang de la Bouchère, deux dos-d'âne et nous voici à l'entrée d'Anor...

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... Anor! Encore un de ces villages-villes caractérisés. Ville par son importance numérique : 4610 habitants, village par un égrènement de ses villages tel que l'ensemble a 1a superficie d'une, grande ville de province. Anor en temps de paix, tire son importance de sa triple situation de vigie douanière, de nœud ferré et de centre industriel. La frontière franco-belge est à vingt-cinq minutes à peine d'une des extrémités du bourg; dans la gare (voir photo ci-dessus) se croisent les rails qui mènent à Avesnes, Hirson, Chimay. Anor compte tissages, filatures, verreries, papeterie, Savonnerie. Ces trois facteurs ont, avec la guerre, singulièrement diminué d'importance. La frontière ne répond plus à aucune réalité perceptible; deux au moins des trois lignes n'ont plus qu'un mince intérêt; enfin tout l'organisme industriel a du stopper. On nous avait dit qu'Anor aurait, au début de la guerre, une importance militaire de premier ordre : trouée d'Anor, cote culminante..., etc. Les faits n'ont pas répondu à cette attente Anor a entendu, mas-t-on dit, quatre ou cinq coups de fusils échangés entre des uhlans et des soldats français égarés dans le bois. Si nous en croyons la tradition, il ne serait resté dans la ville, au moment de l'investissement, que vingt deux personnes. Cette extrême précision nous incline au doute, mais si le fait est exact, il constitue certainement un record. Il est vrai qu'on assure en même temps que tout ce flot d'exode est rentré, que cent immeubles à peine restent abandonnés, ce qui me semble un nouveau record, mais en sens inverse. Anor donne, par ces temps de guerre une impression de vitalité, tout au moins de mouvement un peu plus intense qu'ailleurs. Notre impression est née sans doute d'allées et venues d'équipes d'ouvriers travaillant dans les bois ou de-ci de-là. La ville d'Anor relève de la Commandanture de Fourmies avec M. Meunier, pour maire. Les relations quotidiennes des deux centres sont assurées par un agent de police ressemblant... à quelque distance, à un lieutenant de « vitriers ». Nous dirons pour en finir qu'Anor obtient quelques effets pittoresques du fait de son assiette topographique et de l'étang qui en forme le centre. Du parvis de l'église, sœur cadette de celle de Wignehies, nous avons l'illusion d'un cirque boisé et , dans  Ies fonds, des vaguelettes frissonnant sous la brise.

______ F I N ______

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23 octobre 2012

GLAGEON - L'Activité économique locale

Dans la première moitié du XXe siècle, il existait à glageon une activité commerciale importante qui allait de pair avec l'industrie encore dynamique à cette époque. Ci-dessous vous pouvez découvrir des documents commerciaux qui attestent de cette activité commerciale et artisanale développée.

GLAGEON-Adrien Legrand 19301930

GLAGEON-Allaire 19231923

GLAGEON-Brebion 19371937

GLAGEON-Deltonne-Lefebvre 19461946

GLAGEON-Labrouche 19331933

GLAGEON-Vve Collet1930

GLAGEON-Ferme Burelle1936

A Glageon, comme dans les autres communes voisines, l'activité agricole occupait également une partie non négligeable de la population. C'est ainsi qu'à Trélon on dénombrait 24 exploitations agricoles en 1906, alors qu'aujourd'hui on n'en compte plus que quatre !